Afrique du Sud – Le Cap, capitale arc-en-ciel

Published: 17/05/2008 | Documented: Apr. 2008
Categories: Africa, South Africa, South Africa

Il y a une dizaine d’années, j’assistais à Genève à une présentation publique de Connaissance du monde. Un photographe y présentait des centaines de diapositives couleur relatant son tour du monde. Une boucle planétaire de sept ans, bien plus lente que celle de Phileas Fogg ou de la flamme olympique. Bien plus riche aussi.

Le Cap (Cape Town)

Photographies à l’appui, le voyageur-conférencier classait la baie du Cap parmi les trois plus belles du monde. Les images présentées de cette anse sud-africaine étaient superbes. Puis il y la transformation de la société sud-africaine initiée par Nelson Mandela et ses proches. Un Mandela incarcéré 18 années dans la prison de Robben Island – un îlot de la baie du Cap. Enfin, des amis établis au Cap après de longues années de nomadisme planétaire. Assez de bonnes raisons pour découvrir  cette baie et cette ville, même brièvement.

Table Bay, la baie principale du Cap, est prolongée d’une ribambelle d’échancrures côtières, toutes aussi magnifiques que les autres, surplombées de collines ou de plateaux qui permettent d’en apprécier la beauté. A condition que les Dieux de la brume ou des nuages soient avec vous.  Ils l’étaient lors de mon séjour: au large, Robben Island.

Avant de donner naissance à l’Afrique du Sud contemporaine, la ville du Cap est née de et pour son port maritime. Petite ville besogneuse et sans grâce à l’aube du XXe siècle, elle compte aujourd’hui plus de trois millons d’habitants. Le Cap a le vent en poupe, vibrante d’activités, zébrée de migrations qui tissent peu à peu leur toile métissée couleur arc-en-ciel. De nombreux Sud-Africains de Johannesbourg ou de Pretoria s’y sont récemment installés, imités par des citoyens du monde.

Le Cap aime aussi les loisirs balnéaires, les arts et les sports. Son port maritime s’entoure de bâtiments commerciaux bon chic bon genre. Elle se découvre une ambition internationale, organisatrice du Mondial de footbal de 2010.

Dans les quartiers résidentiels chics, les façades victoriennes et leurs propriétaires nantis sont de couleur claire, protégés par des dispositifs sécuritaires parfois impressionnants.

 

Vestiges de l’apartheid

En dépit de ses ambitions modernes et cosmopolites, le Cap ne s’est pas encore affranchie de son histoire récente. On y trouve, sans même les chercher, des symboles de l’ère honnie de l’apartheid.Le Cap compte aussi dans sa périphérie des townships populeuses et miséreuses, soeurs malheureuses de Soweto à Johannesbourg. Pourtant, une classe moyenne noire émerge peu à peu, porteuse d’espoirs mêlés d’envies et de frustrations pour les défavorisés.

 

Le Cap compte aussi dans sa périphérie des townships populeuses et miséreuses, soeurs malheureuses de Soweto à Johannesbourg. Pourtant, une classe moyenne noire émerge peu à peu, porteuse d’espoirs mêlés d’envies et de frustrations pour les défavorisés.

Les quartiers défavorisés des descendants de coolies musulmans malais respirent eux aussi un air rafraîchi d’influences cosmopolites et polychromes.

Nation arc-en-ciel ?

Le noir-blanc sud-africain se teinte graduellement de couleurs plus chaudes. Ville phare d’une nation qui se voudrait arc-en-ciel, Le Cap et ses environs me séduiraient complètement s’ils comportaient ce zeste tropical qui transforme un endroit magnifique en un lieu où il fait vraiment bon vivre. Mais peut-être n’est-ce qu’une question de temps.

Bien à Vous,

Bertrand