Mali – Pays dogon

Published: 23/05/2009 | Documented: May 2009
Categories: Africa, Mali, West Africa

J’ai découvert le Mali par sa musique, voici une quinzaine d’années. Ses rythmes, qui ont bercé mes longues heures d’études universitaires, captivent et charment toujours mes sens. Puis des lectures choisies m’ont introduit à l’Afrique de l’ouest et à l’actuel Mali, notamment le magnifique Water Music, de Steven T. Boyle. Enfin, le séjour actuel en Guinée m’a convaincu de l’attrait culturel du voisin malien.

Trek en pays dogon

J’ai récemment passé dix jours dans le sud et centre du Mali, à une époque désertée par le tourisme en raison de la chaleur. Par 45° à l’ombre à la mi-journée, pas facile, mais rien d’impossible non plus, y compris pour un trekking en pays dogon. Mon premier contact avec les Dogons s’est fait voici quelques mois à Conakry, avec l’achat auprès d’un antiquaire malien d’une pharmacie traditionnelle dogon, magnifiquement travaillée. L’envie de mieux connaître ce peuple, un peu mythique en Afrique de l’ouest.

Membres de la grande famille mandingue, les Dogons auraient quitté le nord de l’actuelle Guinée dès le XIe siècle, fuyant la progression de l’Islam. Ils se sont fixés en un chapelet de petits villages égrenés au pied ou sur le fil de la longue falaise rocheuse du centre de l’actuel Mali, chassant les Telmés et les Pygmés qui y vivaient déjà. A l’époque, la forêt couvrait la plaine courant jusqu’à l’actuel Burkina Faso. Depuis lors, elle a été décimée par l’activité humaine et la désertification. D’où ce sable aux couleurs fauves, superbe mais menaçant.

Agriculteurs, chasseurs ou forgerons, les Dogons cultivent des traditions culturelles très fortes et hermétiques aux non-initiés, y compris africains. Une seule bonne manière de les apprivoiser: la marche à pied de village en village, accompagné d’un guide local et beaucoup de précautions comportementales.

En quatre jours, j’ai visité une petite dizaine de villages et rencontré un seul touriste occidental. Aucune bourgade ne ressemble à ses voisines, en dépit des similitudes architecturales. Chacune donne lieu à une aventure sociale, au gré des gens connus. Beaucoup de très bonnes rencontres, trop longues à conter de quelques coups de plume.

Rencontré dans un village dogon, l’homme d’apparence plutôt rude est un seigneur local de la chasse. En Occident, il vivrait une retraite bien méritée. Dans le pays dogon, il chasse encore malgré sa démarche claudicante. Son corps massif et ses gris-gris disent toutefois de la force qui l’habite encore.

Je suis accompagné par le chef du village qui n’est autre que son petit frère. La conversation s’engage, dont je ne perçois que les accents et les tons. D’un regard souriant, je prie mon guide de continuer le bavardage. Tout le registre des émotions sonne dans la voix caverneuse de notre chasseur qui oublie presque ma présence. Un vrai bonheur en pays dogon.

Bien à Vous,

Bertrand