Turquie – Istanbul côté coeur

Published: 22/06/2012 | Documented: June 2012
Categories: Middle East, Turkey

Après l’Istanbul des puissants et des bruyants, voici l’Istanbul des humbles. Celle qui façonne discrètement l’âme istanboulite dans ses ressorts les plus profonds. Pour cela, guère besoin de changer de quartier, mais plutôt de regard. Car l’Istanbul côté cœur vit simplement à l’ombre d’Istanbul côté cour.

Mes coups de plume seront ici concis, afin de laisser aux coups d’œil le soin d’apposer ses multiples touches impressionnistes. Dans la rue, ces coups d’œil rapprochés sont ardus à graver sur la pellicule électronique. L’exercice implique vision et anticipation, ténacité et patience, habilité d’approche et rapidité d’exécution.

Je commence par rejoindre la mosquée Suleymanie par un modeste quartier blotti à flanc de colline. Chemin peu couru qui me révèle des maisons de bois d’un autre âge, une vie paisible mais pas indolente. Aux alentours de la mosquée, je capte des scènes si authentiques qu’elles en deviennent presque anodines.

Au bas de la colline de Souleymanie, je retrouve le milieu marin avant de me perdre sciemment dans les méandres d’un autre quartier populaire.

Puis je plonge dans les bazars d’Istanbul, terminaux occidentaux des grandes routes commerciales vers l’Orient.Des odeurs fortes de kebab que j’hume jusqu’à plus soif, des étals de marchandises diverses, des chalands absorbés par leurs achats.

A l’ombre d’un ancien aqueduc byzantin, un match de football arbitrée par un joueur de flûte. Je sirote mon lourd café turc avant de renverser dans la soucoupe le marc déposé en fond de tasse. J’y lis clairement mon attrait pour Istanbul – ce grand bazar, bruyant, coloré, hétéroclite.

De retour à Galata, le quartier qui m’héberge, je ne résiste pas à la poésie laborieuse des luthiers, cireurs de chaussures, coiffeurs et autres barbiers. Un régal photographique.

Istanbul est si riche qu’elle déroute. Le dernier jour, je m’égare alors que je pensais enfin maîtriser mon orientation dans la ville. D’autres que moi, y compris un certain Dominique Strauss-Kahn, ont apparemment perdu plus profondément leur boussole à Istanbul.

J’ai capté cette image le dernier soir depuis la fenêtre de ma chambre, comme pour conclure ce magnifique coup de cœur. Côté cour ou côté cœur, Istanbul m’a conquise.

Bien à Vous,

Bertrand