Namibie – Vie sauvage

Published: 27/04/2008 | Documented: Apr. 2008
Categories: Africa, Namibia, South Africa

Etosha

Il y a bien longtemps, Etosha, au nord de la Namibie, était un immense et profond lac. Avec la baisse des eaux, l’arche s’immobilise. Noé ordonne aux couples d’animaux de quitter l’embarcation pour recommencer une nouvelle vie, sur une terre désormais vierge et fertile.

Il ne reste aujourd’hui du lac d’Etosha qu’une gigantesque croûte craquelée – son ancien lit – qui s’humidifie au gré des pluies saisonnières. Par contre, les animaux rescapés ont proliféré dans ses environs. On en compte aujourd’hui une multitude, appartenant à des dizaines d’espèces sauvages. Quatre des cinq Big Five écument les immensités planes du parc naturel d’Etosha, grand comme la moitié de la Suisse. Seul le buffle ne s’y trouve plus.

Ce léopard a reçu son repas de la main de l’homme. Blessé, il a été recueilli dans une réserve privée pour grands félins, nommée Africat Foundation. Il y récupère de ses blessures avant de regagner la vie sauvage. Il dispose tout de même de 40 hectares pour se dégourdir les pattes. Le léopard est intelligent et rusé, puissant et dangereux aussi. Beaucoup plus futé que son faux petit frère, le guépard.

08 Vie sauvage

L’eau est cruciale à Etosha. Abondante cette année, elle a couvert la savanne d’un tapis végétal aux couleurs ahurissantes. Elle permet aussi aux animaux sauvages de s’égailler sans arrière-pensée dans les immensités du parc.

C’est ainsi que m’a échappé sa majesté l’Eléphant. Soucieux de trouver quotidiennement ses 300 kilos de nourriture et ses 230 litres d’eau, le mastodonte est incroyablement mobile en Namibie. Au point de peupler des étendues semi-désertiques, déjeunant des rubans végétaux aux abords des rivières éphémères. On en croise même dans le Namib, en migration entre deux zones plus humides et vertes.

Dans la vie sauvage, rien n’est donné au faible et au paresseux. Tout se mérite, y compris le droit de manger et de vivre. La cruauté ne se trouve que dans l’esprit de l’observateur. Le prédateur animal choisit généralement ses proies parmi les animaux les plus faibles. L’homme chasseur de trophées fauche pour son plaisir égoïste et futile les plus beaux spécimens débusqués.

A Etosha, mon esprit est traversé de souvenirs de scènes de chasse animalière vécues dans un parc tanzanien. Je n’y observe pas directement de mise à mort, et c’est tant mieux.

Ces lionnes se mettent à peine en chasse. Elles m’ignorent superbement, d’abord câlines, puis obnibulées par les centaines d’herbivores qui paissent au loin. Souvent, la nervosité de ruminants trahit le voisinage de grands félins à l’affût.  Les gnous, imperturbables dans leur progression aquatique, perdent leur bel ordre une fois sur la terre ferme.

Etosha bruisse également de bruits d’ailes,  dans des scènes parfois étonnamment romantiques.

Un parc naturel est l’envers d’un zoo. L’humain est en cage, mobile ou statique, alors que l’animal s’épanche à son aise et décide souverainement de la présence humaine. On y ressent alors le véritable rapport de forces entre espèces animales, entre l’animal et l’humain, entre le vivant et son environnement.

Cape Cross

Dernier contact avec la vie sauvage namibienne, je visite une colonie de phoques et d’otaries à fourrure à Cape Cross sur la côte atlantique. Jusqu’à 100’000 individus selon les saisons. Des cris perçants, des odeurs pestilentielles, des mimiques souvent hilarantes et des poses photo fort coquettes: Cheese!

 

Bien à Vous,

Bertrand